art japonais ancien

Mercredi 26 mars 3 26 /03 /Mars 20:00
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A Ohara au Sanzen In

Comme pour nos Eglises, les temples sont rythmés par des éléments dénominateurs communs que la catégorie Art japonais Ancien regroupent et que vous pouvez retrouver dans l'index nouvellement mis à disposition pour plus de lisibilité : lanternes en pierre, mobiliers, peintures, cloisons en papier, lanternes sous les toits, et l'objet de ce post : les vasques en pierre pour se purifier en entrant dans les lieux vers lesquelles la majorité des japonais, dès qu'ils pénètrent dans l'enceinte d'un temple, se dirigent pour accomplir les quelques gestes du rite. J'ai appris la méthode, mais l'oubli a progressivement volé à ma mémoire la gestuelle : il faut d'abord laver la grande cuillère avec un peu d'eau, laver la main qui porte cette cuillère, et se rincer la bouche... enfin bref si on me demandait de le faire, ca serait folklorique et sacrilège ^^ ! Mais un peu de sacrilège ne peut pas nuire à ces temples qui parfois ne demandent que ça :D. Dans tous les temples, vous trouverez ces vasques et il y a mille façons de regarder ces objets utilitaires : qu'ils soient posés dans un environnement entièrement minéral ou au milieu d'une végétation touffue dans laquelle en été le serpent peut se cacher, que l'eau soit calme ou striée de rides en cercles concentriques et ondelettes, ou parsemée de fleurs tombées -comme par hasard- des arbres ou buissons surplombant la vasque.

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A Ohara encore, mais au Jakko-In, j'ai du mal à croire que les branches d'hortensias (?) et leurs pétales étaient tombées par hasard dans l'eau car j'étais vraiment en admiration devant ! :D voir ces photos de fleurs. Fleurs fragiles bleues en suspension immobile et instable sur la surface liquide calme


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Vasque symbole du japon, si vous ne savez où elle se trouvait : c'est au Ryoan Ji, juste derrière le pavillon qui abrite le fameux jardin sec aux quinze rochers parfaits. Les quatres caractères portent bonheur je crois.



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Au Shoren-In à Kyôto... un petit temple peu visité qui nous a offert le plus beau moment du voyage (voir les articles consacrés) pluie forte, lumière qui décline, chaleur lumineuse des brumes d'encens jaunes montant du temple, et... cette vasque (10min d'admiration photographique frustrée par le manque de luminosité!). Vous vous demanderez peut être ce qu'elle a d'exceptionnelle, mais je ne sais pas, pour moi, sur le coup, ca a été comme un choc :D Il y avait la pluie "qui au bassin fait des bulles" (sans "les hirondelles qui tiennent des conciliabules"), les vaguelettes formées par la chute de l'eau au bout, l'impression d'ancienneté de la pierre, comme un sarcophage antique, la mousse au loin et ses perles d'eau qui s'agrippaient au bout d'étranges filament rouges. Un peu d'une oeuvre d'art moderne présentée au Lieu Unique à Nantes en août 2007 où les ondelettes sur une surface grise créaient par un jeu de projection des motifs oniriques sur les murs. Comme un faux calme sous la surface noire, illusion du reflet trouble.


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jeu des intersections infinies des cercles-ondes qui se répercutent et se reflètent sur les bords froids, ballet à peine pertubé par la chute d'une feuille vert intense. (même vasque qu'avant mais au flash, on perd une partie de l'ambiance^^)



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Fin de ce post très "zen" dans un blog finalement assez "zen" :D j'espère qu'après sa lecture vous être plus tranquille d'esprit et avez écarter les petits stresses de la vie quotidienne :D :D ne méditez quand même pas trop sur les vasques japonaises, on risque de tomber dedans et je ne peux rien garantir sur ce qui peut arriver ensuite !

Par Paul B. - Publié dans : art japonais ancien - Communauté : Tout sur le Japon
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Lundi 24 mars 1 24 /03 /Mars 19:51

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lanterne à chapeau, forme assez rare

Le lundi de pâques nous permet de continuer notre exploration de l'art japonais ancien avec un grand "cliché" et "stéréotype" de l'imaginaire japonais : les lanternes en pierre des jardins japonais dont l'âge se mesure à la couche de mousse que l'on a laissé se déposer dessus. On part à la découverte de ces objets tout à fait en amateur en déambulant dans divers temples et jardins du pays où l'on découvrira un petit panel indicatif des diverses formes que peuvent prendre les lanternes.
C'est toujours agréable de les retrouver dans cette végétation exhubérante des jardins, comme des phares indicateurs, ou sous la pluie.

 

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au Toji, oblongue et basse


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le chemin des lanternes à Nara

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champ de lanternes à Nikko

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étrange lanterne âgée dans les jardins du Tenjuan à Kyôto

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dans les jardins Isuien à Nara

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massives lanternes autour de Nikko

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au Shoren In à Kyôto
Par Paul B. - Publié dans : art japonais ancien - Communauté : Japon
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Mercredi 19 mars 3 19 /03 /Mars 20:00
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Si jamais vous aimez dessinez, peindre, vous êtes auteurs de bds (pourquoi pas ? :D) etc., ce post pourra vous être utile si vous voulez savoir comment représenter des lanternes japonaises, éléments si symboliques de la décoration des temples et des maisons que vous ne pourrez ommettre si vous avez l'intention de dessiner des paysages japonais. En effet, cet article va présenter 8 photos de ces objets, 8 photos toutes complétement différentes qui vous montreront que si vous avez l'idée préconçue "rien ne ressemble plus à une lanterne japonaise qu'une autre lanterne japonaise", et bien, elle est fausse. Entre les lanternes en métal simple à quatre pans, à huit pans, les petites lanternes en bois à ajours en papier de riz, celles à ajours métalliques très travaillés, soit de manière géométrique, ou avec des entrelacs, les lanternes richement travaillés des temples, les grands modèles conçus pour les immenses temples de l'ère meiji, la diversité est de mise et elle impressionne. Comme pour les toits, il suffit de prêter l'attention et d'ajuster l'appareil photo pour saisir tout l'univers qu'elles recèlent. Dommage d'ailleurs que de tels objets ne soit pas disponibles dans nos pays : la lumière faible et suspendue d'une lanterne japonaise dans la nuit noire qui vous éclaire et forme un repère, sa lueur sous une grosse pluie avec en arrière plans des immenses nuages bleus, ou posée dans un jardin de verdure, ces objets sont, je trouve, porteurs d'une poésie certaine qu'on aimerait pouvoir introduire chez nous :-).

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un modèle au temple Toji particulièrement riche : les ajours forment presque une dentelle de métal, au-dessus et en-dessous des pétales de bronze se déploient, tous modelés et striés d'entrelacs. 

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Face au luxe de la précédente, mélancolie d'une lanterne abandonnée, délicatement posée au sein d'un petit sanctuaire serein (le gio-ji) qui a abrité une princesse délaissée par son amant, ou celui-ci est mort, une histoire tragique, je ne sais plus trop bien et je ne sais pas si la lanterne elle même se souvient d'avoir éclairé les nuits de cette dame ;D

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modèle très simple au sanctuaire Yasaka

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halo de lumière étrange : un esprit y réside ? un yokaï s'y matérialise ? probablement un effet d'optique due à l'humidité régnant dans les lieux et sur mon objectif mais j'aime l'effet qui se produit dans cette lanterne aux ajours habilement conçus et aux lignes très fines. La nuit tombe, il est temps pour les lanternes de s'allumer et d'éclairer les passants

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à Inari sanctuaire étrange et inquiétant du renard

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très grande lanterne luxueuse et électrique au Higashi Hongan Ji, un temple de Kyôto monumental bâti dans l'ère meiji (ou fin du shogunat j'ai un doute), et qui est je crois une des plus grandes constructions en bois du monde, les bâtiments sont immenses, mais étant en restauration au moment où j'y étais je n'ai pas tout vu. On peut y voir l'horrible corde de cheveux tressées, gigantesque corde destinée à je-ne-sais quelle obscure et maléfique raison :) (non juste un voeux pour un truc qcq :D mais se sont bien des cheveux humains). 

Par Paul B. - Publié dans : art japonais ancien - Communauté : Japon
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Mercredi 12 mars 3 12 /03 /Mars 12:59

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Majestueux lion féroce encadrant l'entrée des escaliers menant au sanctuaire Yasaka

Parmi les animaux représentés dans les temples on rencontre évidemment le plus souvent les lions et les dragons, deux héritiers de la Chine et plus loin encore de l'Asie centrale, protecteurs du bouddha et des temples pour les lions, symbole de la puissance impériale pour le dragon en chine ancienne. Dans les temples japonais, les dragons interviennent souvent dans les décorations comme ouverture de la fontaine pour se purifier où ils sont posés au bord des vasques, je les ai trouvé une fois le long des gouttières d'une pagode à l'Horyuiji, et sont souvent représentés dans les bas reliefs des frises des temples (voir ce post) où leurs corps serpenteux s'enroulent et se contorsionnent entre deux poutres. On les trouve aussi sur les plafonds : comme à Nikko où au Toshogu un immense dragon orne une salle du bâtiment, l'on dit que quand l'on frappe des mains dans cet endroit l'écho ressemble au cri du dragon (j'ai pas été convaincu sur place par la démonstration du moine ^^) ; mais aussi au Tenryuji (je ne l'ai pas vu mais il est très célèbre :D). Et si vous regardez sous les immenses lanternes du Sensoji d'Asakusa, c'est aussi un dragon qui apparaîtra férocement. Concernant les lions, on les trouve souvent par pair dans certains temples pour marquer des entrées, au Toshogu ils ornent aussi les dessous de toits de manière impressionnante (voir le post en lien). Pour ce post, on s'intéresse plus particulièrement aux lions et dragons en pierre ou en métal ornant l'extérieur des temples, on regardera les liens proposés ci-dessus pour voir les dragons et lions en bois peints, dorés et multicolores, qui finalement ont déjà été mis dans pas mal de posts.  


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bébé lion bien peu dangereux malgré ses griffes au Tofukuji de Kyôto, en plus il a l'air apeuré !


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sur la pointe des toits les lions métalliques font d'étranges acrobaties :), les spirales représentent des flammes de feu (petit temple inconnu de Kyôto)

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lion hurlant au sein duKyomizu Dera, avec étrange bouche en U.

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Toujours au Kiyomizu Dera, dragon finement forgé

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fameuse fontaine du Senso-Ji à Tokyo, où sur le guerrier (?) un dragon s'enroule !

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sur un petit temple perdu dans la montagne près de Kyôto

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et dragon qui descend doucement et sournoisement sur une gouttière de l'Horyuji

Par Paul B. - Publié dans : art japonais ancien - Communauté : Japon
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Vendredi 7 mars 5 07 /03 /Mars 19:34

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On a tous un peu dans la tête les images d'un japon épuré et zen, peu de mobiliers, peu de décorations, grande simplicité. Si l'on veut faire l'histoire des cette conception, on peut juste citer qu'elle provient en grande partie du choc rencontré par les premiers japonisants français au Japon qui ont brusquement confronté leurs visions de chinoisieries et de bibleots entassés comme des musées et dans leurs illusions avec la réalité plus modeste et surtout un autre mode de vie, qui ne privilégiait pas les meubles, fauteuils, tables, commodes, bibelots, tableaux, lustres etc. qui s'amoncelaient alors dans les maisons européennes. Elle est aussi issue des maisons orientées vers la simplicité d'une époque du moyen-âge de Kyôto (palais Katsura etc.) où la ville, tout simplement moins riche, faisait mine de mettre sur un piédestal le dépouillement, attitude peut-être un peu facile mais courageuse ! Comme toute culture ancienne, richesse ors et clinquants ont compté et étaient apanage des forces dominantes : la décoration des palais (château de Nijo) et des temples (notamment à Nikko), d'inspiration alors chinoise, n'hésitaient pas à employer le luxe. Aujourd'hui il est parfois difficile de s'en apercevoir ; dégâts de la seconde guerre mondiale, incendies, mais surtout déclaration du shintoïsme comme religion officielle sous l'ère Meiji entraînant un abandon des temples bouddhiques et une dispersion des biens dont les occidentaux d'alors ont profité pour mettre sur pieds leurs collections. Si l'on ajoute qu'on a souvent tendance à cacher ce que l'on possède de précieux et que les objets anciens sont très fragiles, on ne se rend peut être pas bien compte de la réalité de la décoration des temples. C'est pour cela que je vous emmène à l'INTERIEUR des temples, car en plus de l'intérêt historique, les lieux offrent une atmosphère un peu magique. Je me souviens surtout du Daikakuji qui présente un important mobilier (associé en plus à de nombreuses peintures) et du Shoren In qui présente un ensemble plus restreint mais qui est vraiment un des lieux phares à visiter -à la tombée de la nuit sous une grosse pluie pour s'abriter bien au chaud dans le sein des salles dorées du temple-.

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Diversité extrême du mobilier d'un temple : le bouddha au fond sur une estrade et dans un autel, les lanternes en bronze jumelles, les bouquets -ici en vrai -, fleurs d'anthuriums, le plus souvent en sculpture ; bronze dorés comme plus loin, ou bcp plus impressionnant comme ceux encadrant le bouddha de Kamakura ou les gigantesques bronzes du Todaiji, c'est de ces bouquets que découlera l'art de l'ikebana auquel deux posts ont déjà été consacrés. On a aussi les offrandes en pyramide, les plaques de souhaits, les ex-voto, tout le nécessaire pour prier dont les tambours comme ci-dessous, les cassolettes à encens, brasero en hiver etc. Tout un mobilier très en horizontalité, recouvrant quasiment l'espace du sol, dans les civilisations asiatiques l'espace intérieur est très horizontal et l'on est le plus souvent assi et par terre -autre manière de vivre l'espace que dans la civilisation occidentale.

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A côté du Senso-Ji, de la véranda sur lequel on est assis à l'espace de salle de première et plus loin d'autres salles, portes sur portes ouvertes. l'on voit aussi les décorations des dessus de portes et l'on peut deviner les peintures du plafond à petits caissons (comme sur la première photo où des fleurs se dessinent dans les caissons). Le jour, le temple japonais est pleinement ouvert sur l'extérieur, et notamment les jardins, l'air circule librement et ventile les larges pièces, le soir le temple et le dieu se referme doucement sur lui-même, lanternes et bougies assurent l'éclairage, les cloisons en papier luisent jaunes, les spirales d'encens se densifient et les lieux prennent un caractère plus étrange. Au loin on entendra peut être un moine pslamodier ses prières, la scandant par les sons du tambour. Eteignons les lumières et partons maintenant vers les temples nocturnes. Déambulant tranquillement dans les salles silencieuses.

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un dieu bouddhique s'agite dans un nuage de feu au fond ci-dessus, ci-dessous épanouissement éternel des bouquets dorés et reflets sur la laque noire

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Et tout au fond, tranquillement un moine veille sereinement, regard dans l'infini proche...

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Par Paul B. - Publié dans : art japonais ancien - Communauté : Tout sur le Japon
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Mercredi 5 mars 3 05 /03 /Mars 13:06
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Tremblements de terre et forêts à profusion ont contribué à développer une architecture légère exclusivement en bois. Les bâtiments sont posés sur le sol par des piliers en bois qui garantissent lors de secousses sismiques la stabilité relative des édifices. La structure supérieure est faite de piliers sur lesquels viennent s'appuyer une charpente complexe, de murs, peu, cloisons en papier ou cloisons de chaux. Les bâtiments sont flexibles puisque aisément démontables et transportables : ainsi de nombreux éléments de palais, de grandes maisons, mais aussi portes de temples et bâtiments religieux étaient souvent déplacés et remontés ailleurs, voire démembré et réutilisé pièces par pièces. Principal inconvénient du bois : les risques d'incendies, surtout en hiver quand le temps très sec permet à la moindre étincelle d'embraser le matériau, inconvénient qui, ajouté aux guerres (du moyen-âge et bombardements alliés), nous a privé de facilement 90% du patrimoine bâti japonais (la majorité de ce que l'on voit datant de rarement plus d'un siècle). D'autant plus qu'on avait coutume de fréquemment détruire les temples et les reconstruire à l'identique. Mais sans doute peu importe l'ancienneté, l'essentiel étant que l'esprit des lieux restait présent. Donc un post pour parler du bois dans les constructions japonaises anciennes, mais plus particulièrement des toitures. Pour ainsi voir que sous une apparente uniformité, pour qui sait s'attarder un peu, on voit émerger de nombreuses particularités et points d'intérêts que ce post ne traitera pas en entier ; laissant de côté les décorations et ornementations des dites toitures, qui sait un billet futur.

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Autant dire que la menuiserie, je n'y connais pas grand-chose ; mais la complexité apparente de la jonction entre la toiture et les piliers m'a toujours étonné : répartir le poids de la toiture sur les massifs piliers doit relever d'une conception ingénieuse ! (ci-dessus et ci-dessous). Ces deux photos montrent bien comment la structure repose uniquement sur des piliers massifs de grands arbres, permettant formellement une grande liberté entre chaque pilier : le Corbusier s'en inspirera dans les années 50 pour nourrir son architecture (Charlotte Perriand avait visité le Japon et je crois qu'il admirait la villa Katsura à Kyôto). On peut aussi faire un parallèle avec les temples grecs, à ceci près que les colonnes ne supportaient rien : cependant des études proposent que dans ce dernier cas, la colonnade soit issu du "bosquet sacré" originel : enclos planté d'arbres le délimitant, idée qui pourrait peut être s'appliquer dans ces bâtiments japonais ? je ne sais pas comment les japonais sont arrivés à cette forme du temple.

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Sur ces deux photos des côtés d'un temple, on peut remarquer l'abondance des détails de décoration de charpente, sur et sous le pignon. On peut voir aussi que la couverture est ici en tuile, alors que sur la première photo elle était en chaume, distinguant soit deux périodes historiques ou deux origines pratiques différentes, je crois me souvenir que les fortes toitures en chaume associé à une forte pente permettent de bien résister vis à vis de la neige nombreuses d'hiver, en tout cas elles étaient très utilisés dans les Alpes japonaises.

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Petit panorama de toits de temples montrant toute la diversité de formes mis en jeu, c'est peut être aussi comme un quizz, il faut retrouver le temple associé :D Bon pour la première et la dernière photo c'est ultra facile mais pour la suite, il faut être ultra connaisseur ou avoir bonne mémoire pour reconnaître à mon avis ! chaque forme était associé à un style particulier qui possède un nom savant et qui est lié à une époque ou une secte bouddhique.

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Et pour finir la plus célèbre toiture du pays ^^ sur laquelle on ne sait si le phénix s'envole ou vient de poser :D

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Dimanche 24 février 7 24 /02 /Fév 18:51
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dragon tapi :)

Tant qu'on peut on continuer notre série sur l'art japonais : après la statuaire bouddhique des temples et les gardiens, les panneaux peints dorés du Daikakuji, on revient à la sculpture avec la sculpture animalière qui ornent le Toshogu de Nikko et les hauts-plafonds du château de Nijo à Kyôto. On trouvera dans les autres posts sur Nikko d'autres exemples de bas-reliefs, notamment les singes de la sagesse, les lions qui ornent les toits et les étranges éléphants. Et ceux intéressés par cet art se régaleront lors de leur visite de Nikko ville baroque et du château de Nijo tant les exemples sont nombreux et bien conservés, le photographe préparera son matériel car entre une trop forte lumière et une obscurité pour les salles, les bas-reliefs sont difficiles à prendre. Je crois que l'intérieur du Nishi Hongan Ji à Kyôto réserve des surprises dans le genre (réserver pour la visite), les bas-reliefs de l'extérieur étant déjà très beaux. Le bestiaire qui s'étale sous nos yeux est très vaste : dragons, lions et tigres, oiseaux (hérons, moineaux, ibis), singes, chats, éléphants, cerfs, tous liés à une histoire, une allégorie ou une symbolique. Tous d'un réalisme variable et dans des poses plus ou moins complexes, accompagnés de branches fleuris ou de nuages tourbillonants. Après mes trois posts dans le "luxe" de l'art japonais, je tords un peu le coup à la vision d'un art uniquement épuré et simple, dans ces temps anciens influencés par la Chine on trouvait une certaine exhubérance ! On pourrait faire un beau livre en réunissant tous les plus beaux exemples. En tout cas, c'est parti pour le grand carnaval des animaux :D.

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dragon en majesté lové à l'entrée du mausolée d'un des fils de Ieyasu Tokugawa à Nikko


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lions qui s'abîment sur une frise du Toshogu pas encore restaurée


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éléphants nains au Japon ?? ;D

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oiseau au regard un peu vide dans cette luxuriance de couleur et d'ors


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Par Paul B. - Publié dans : art japonais ancien - Communauté : Tout sur le Japon
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Vendredi 22 février 5 22 /02 /Fév 20:01
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Sans encore entamer une série sur l'art japonais ancien, on poursuit dans le sillage du post précédent consacré à la statuaire bouddhique et plus particulièrement les gardiens des temples avec cette fois-ci la peinture japonaise décorative dorée consacrée à la nature. C'est au Daikakuji 大覚寺 que j'ai pu prendre les photos que vous allez voir, mais l'on peut se régaler de telles oeuvres au Nanzen-ji et sa centaine de panneaux représentant aussi des personnages si mes souvenirs sont bons, au château de Nijo également où les décors sont impressionants. Si qqn connaît d'autres lieux où l'on rencontre aussi de magnifiques peintures (qu'elles soient aussi sur rouleaux et kakémonos) qu'il n'hésite pas à les signaler ! 

Là encore je tiens à m'excuser de la faiblesse de mes connaissances sur le sujet : quelle est l'histoire de la peinture sur panneau, pourquoi a t'on tenu à représenter de tels paysages de nature, quels sont les symboliques des plantes représentées, quelles étaient les techniques employées, sont des questions que je laisse en suspens et que vous compléterez si vous le souhaitez car comme souvent je me suis laissé impressionner esthétiquement par les oeuvres sans chercher à comprendre leurs ressorts et surtout sans arriver à trouver là-bas les renseignements qui me manquaient. Je peux juste vous dire qu'à l'apogée du genre les maîtres étaient souvent d'obédience "école Kano" et qu'alors on rencontra souvent la peinture dorée telle que je vais vous la présenter et la peinture en noir et blanc qui pourra faire l'objet d'un autre post. 

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Alors imaginons-nous un instant posé sur le bord d'un tatami jaune, tout près d'une véranda en bois gris, le regard tourné d'abord vers le jardin qui se déploie comme une peinture sur panneaux entre de rigides piliers de bois, puis vers le reste de la pièce : peu de mobiliers, juste quelques meubles à fonction particulières, plafond en bois simple, et comme sans doute nous ne sommes pas dans un palais où les frises supérieures aux panneaux coulissants seraient de fantastiques forêts de personnages en bois sculptés, l'on ne trouve qu'un mur blanchi. Peu de bruits, les parfums moussus du jardin rentrent en défilé calme dans la pièce. On peut ajouter un soleil du matin qui rentre en légèreté oblique et qui vient faire flamboyer la grande frise de panneaux dorés qui nous entoure. Déluge de couleurs et paillettes d'ors, les arbres d'encre oscille sur les carrés d'or, la mousse recouvre les rochers humides et les fleurs de cerisiers roses perdent leur pétale qui tombent en boucle sur les tatamis jaunes ; l'ombre d'or des pins s'allongent sur les bois et les grosses fleurs blanches accrochées aux buissons explosent leurs parfums. Et dans ce jardin lointain, d'étranges animaux passent, lièvres affolés, fous, inquiétants aux yeux rouges pulsés, corbeau-aigle croassant, arabesques destructurés des ailes des hérons. Et d'un coup cette vision élargie coulisse en lente translation et rentre brusquement dans l'ordre de la surface plate : un panneau vient de s'ouvrir. 

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tout un bas de panneaux étaient occupés par ces étranges lapins malades mentaux, tachetés, blanc aux yeux albinos, prêt à sauvagemment attaquer le passant

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Après ce defilé d'or qui donne un peu envie d'avoir ça chez soi, ci-dessous, la pièce dans laquelle vous étiez il y a quelques paragraphes ;-)

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Par Paul B. - Publié dans : art japonais ancien - Communauté : Japon
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Vendredi 22 février 5 22 /02 /Fév 13:16

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dieu des enfers (??) à Asakusa, son ombre démesurée et inquiétante se projetant sur le roug sang derrière, heureusement que le grillage nous protège :D

Autant dire qu'en partant au Japon mes connaissances en matière de bouddhisme et d'art bouddhique étaient tout bonnement au niveau 0 avec un léger a priori genre "vieil art peu intéressant et pas réussi" :-). Evidemment les choses ont changé là-bas et une des parties de l'art ancien japonais qui m'a le plus plu c'est la statuaire religieuse. Dans cette catégorie, on ne manquera pas d'aller admirer le bouddha du futur du Koryuji, le Sanjusangendo de Kyôto et ses milles kannons, les moines et bouddha de la maison des trésors du Kofukuji à Nara. Je vous emmène dans ce post parmi les statues encore à l'air libre et notamment les fameux gardiens Nio qui marquent les entrées des temples bouddhique et les protègent des démons : l'un bouche ouvert et l'autre fermée, exprimant le caractère final et terminal d'un alphabet, en gros tout l'univers entre les deux ;-) ; raccourci très abusif mais je manque des connaissances adéquates ! -si qqn veut compléter :D-, voir par ici une page complète. Ce qui m'amuse dans cette statuaire c'est l'impression étrange d'un violent mouvement combiné à une immobilité rigide -torsion, lambeau de feu qui serpente en zigzaguant, nuages ondoyants- et la déformation quasi abstraite des visages et de la musculature. Je pensais d'ailleurs que cela n'était que de l'exagération (explosion des veines en filaments volumineux), mais en fait quand l'on voit des photos anciennes de japonais réalisés sous l'ère meiji, on voit que les guerriers ont réellement les artères qui ressortent ainsi. Comme quoi dans l'art il faut toujours se méfier, les artistes n'inventent rien ! Après évidemment entre ces dieux et les mécaniques pour enfants des années 70-80 il n'y a plus eut qu'à faire un petit saut. 

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étrange "décapité" de Nara au Todaiji, dans ce temple on peut admirer outre le délirant bouddha métallique central (bonjour la dépense en métaux pour le fondre^^), de nombreuses statues bouddhique de gardiens et protecteurs du Bouddha comme celle ci-dessous très impressionante, on ne se rend pas tellement compte de la taille sur cette photo.

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A
Nikko, la polychromie n'a ici pas disparue, et les gardiens ultracolorés, dorés, bleutés, rougeoyants, prennent peut être un côté un peu plus kitsch :D, moins sérieux, moins dangereux, enfin je trouve ; presque un peu grassouillet aussi

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A l'horyuji de Nara -ne pas manquer d'y faire le déplacement-, un très ancien  et bel exemple de gardiens, avec le temps blanchissant, décoloré de son rouge sang initial 

Par Paul B. - Publié dans : art japonais ancien - Communauté : Tout sur le Japon
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