Mercredi 6 février 3 06 /02 /Fév 13:14
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Si vous êtes à Tokyo vers fin juillet-début août, vous aurez la possibilité d'assister au grand hanabi de la ville : feux d'artifices d'une durée d'une petite heure le long de la sumida tirés depuis deux endroits : vers le pont ryogoku et au-dessus d'Asakusa. Déjà sous l'ère Edo des hanabi avaient lieu à cet endroit, faisant l'objet de nombreuses estampes, et les feux d'artifices sont encore préparés artisanalement et de manière très savante.

Le jour du hanabi, les lignes de métro conduisant à Asakusa via Ueno sont complétement saturées une à deux heures avant. Pour ma part, j'arrivais depuis Ginza, innocemment je m'attendais à trouver un métro relativement accessible à cette heure de la journée pour me rendre au hanabi, et sous la terre, c'était plutôt le délire complet : centaines et centaines de japonais, de très nombreux jeunes en kimono, yukata et geta à l'assaut des rames de métros. Si j'avais pu trouver un endroit tranquille pour faire des photos, j'en aurais profité ! Et je n'étais qu'à Ginza :S. A Ueno puis Asakusa, il n'y a pratiquement plus de place possible pour bouger et la foule innonde les berges de la Sumida. C'est indescriptible et c'est à vivre ! Pas d'inquiétude à avoir cependant, les policiers et l'organisation du hanabi sont là pour orienter les gens et faire véhiculer une foule toujours obéissante. 

Je vous mets quelques vidéos, plus pour le son (les "aaah" de la foule) que pour l'image :).







Je n'ai pas particulièrement de bons plans à vous donner pour bien voir le feu d'artifice : si ca ne se voit pas sur les photos et vidéos là où j'étais je voyais assez bien quand même ; il faut faire attention aux arbres et éventuellement venir en avance pour mettre une bâche par terre pour réserver sa place. On pourrait penser que depuis les ponts on a une bonne visibilité mais il ne faut pas y compter, la police les ferme pour le hanabi. Mais bcp de personnes ne semblaient pas le savoir et du coup sur les ponts il y a avait une situation de flottement. Sinon, peu avant le début du hanabi la police ferme les grandes routes qui bordent la sumida et l'autoroute qui la surplombe, libérant un espace libre où les japonais se sont précipités en courant, quitte à écraser tout le monde sur le passage. 





Et quand ça commence, c'est assez extraordinaire, mais je n'ai pas le courage de vous le décrire un peu ! être immergé dans une foule de 2 millions de personnes venus pour ça est au moins aussi incroyable que le spectacle lui-même. Le hanabi est aussi le moment pours les jeunes et les familles de "picniquer" durant les feux d'artifices, nécessitant tout une organisation entre les paniers-repas ultra-sophistiqués, la nourriture japonaise achetée dans tous les petits étals qui poussent rien que pour ça et les pizzas du coin ; les gens en profitent pour se retrouver. Quand tout est fini, la police se charge de faire ressortir la foule de tout ça, seuls les occidentaux ne respectent pas les indications ou essayent d'aller le plus vite possible pour s'en tirer :-).

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La marée humaine qui envahit Asakusa est inimaginable :), à perte de vue de la rue, des gens et des gens.
Par Paul B. - Publié dans : Tokyo 東京, moderne/ancien
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Dimanche 3 février 7 03 /02 /Fév 12:48

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Le lotus est une fleur symbolique du bouddhisme et l'on en trouve de nombreux dans les temples (ici ceux du Tofukuji (Kyôto), de l'Engakuji (Kamakura) et du Toji (Kyôto)). Comme c'est la seule plante qui permet à sa fleur d'éclore hors de l'eau contrairement aux nénuphars par exemple, je crois me souvenir qu'elle symbolise l'élévation hors de la réalité contingente et "malheureuse" du bas-monde, de la boue et des marais. De plus la fleur et le fruit en son sein se développant en même temps peuvent représenter la simultannéité de la cause (la graine) et l'effet (la fleur). Fânées ou fermées, gardant encore son secret, ou épanouies, les fleurs de Lotus permettent de faire bcp de photos !

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Un petit mot pour finir sur l'ère Meiji : ceux qui désirent passer quelques nuits dans des hôtels datant de cette période trouveront de précieux renseignements dans cet article : http://uchimizu.blogspot.com/2008/01/htels-de-charme-de-lre-meiji.html. A condition d'y mettre le prix :-).

Par Paul B. - Publié dans : Kyôto 京都, culture ancienne - Communauté : Tout sur le Japon
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Samedi 2 février 6 02 /02 /Fév 20:45

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Il suffit juste de déplacer les angles de vues le long des surfaces réfléchissantes pour brouiller, flouter, déplacer les frontières de la réalité, et faire apparaître au passage des mondes courbes, à autres dimensions, découpages en tranches fines des barres d'immeubles, vers autre part. La lumière éclatante de Tokyo et le monde urbain vitré étaient tentants pour faire quelques jeux de lumières sur les tours. 


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Rubrique d'infos : 
- les rémois peuvent admirer en ce moment à la FNAC Reims des photographies du japon des années 50-60 (photographes : Shigeichi Nagano, Takeyoshi Tanuma, Hiroshi Hamaya et Ihee Kimura) qui font l'objet d'un beau livre chez flammarion Japon : un autoportrait, photographies 1945-1964 qu je conseille vivement. L'époque est passionnante : extrême misère de l'après-guerre, reconstruction et occupation américaine, japonais et japonaises in the fifties. Si vous avez des informations (sites, ouvrages, lectures) concernant le Japon des années 50 je suis très preneur !


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(source : in site fnac) :-)

Par Paul B. - Publié dans : Tokyo 東京, moderne/ancien - Communauté : Japon
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Mercredi 30 janvier 3 30 /01 /Jan 17:00
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Lieu des plus sacrés de Kyôto, le jardin sec du Ryoan Ji 龍安寺 ne me parait pas se visiter sans un certain investissement de la part du du touriste, puisque déjà, il faut faire abnégation de la foule qui peut s'amasser sur la terrasse, voire plus, il faut presque s'y "préparer" "mentalement" ;-) ; visiter les alentours du temple avant, qui eux sont vides de touristes, est un bon entraînement à mon avis. En effet, le lieu est très fort, mais il faut peut-être rendre son esprit perméable au jardin ;-). Car dans un premier temps, tout semble étrange, quinze pierres, des graviers, de la mousse, un brouhaha de fond sonore, quelques moines, vieux mur abîmé... muais, bof. Il y aurait en plus une légende comme quoi l'on ne peut voir les 15 rochers en même temps; symbolisant, si je me rappelle bien, l'inaccessibilité au savoir complet, la réalité restant toujours partielle ; histoire qui me plaisait bcp mais qui s'avère bien fausse puisqu'un de mes amis n'a pas tardé à me désillusionner sur le fait... au bout de la terrasse, tous les rochers se distinguent en effet. Bon, c'est tout. Alors je m'assois deux secondes, et laisse mon regard trainer un peu partout. 

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Et je sais pas, mais sans être trop lyrique, petit à petit la foule s'est estompée, comme rétrogradant légèrement en arrière-plan. Et, c'est comme si je trouvais un peu la vitesse du lieu ou son monde à lui ;-). Je me suis levé et j'ai reparcouru, plus doucement, le jardin le long de la terrasse, et il y a comme qqch de cinématographique qui apparaît alors, car les rochers immobiles apparaissent entièrement et disparaissent  le long du chemin, comme un grand échange et va-et-vient, certaines pierres en découvrent d'autres et d'autres rochers se dissimulent le long du mouvement. Et étrangement, leurs positions se sont fixées dans ma tête, je ne sais pas vraiment pourquoi mais le soir et les jours qui suivent je me rappelais comment les quinzes blocs étaient agencés, à tel point que quand j'ai fait un vieux croquis du lieu ce n'est pas si éloigné de la disposition réelle ! Et le lieu m'a alors marqué, vraiment marqué, comme s'il était porteur d'un sens très fort, que je comprends pas vraiment, mais faut-il le comprendre ? du moins, un sens présent. 

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Sur mon carnet de voyage je m'étais amusé à écrire le début d'une histoire qui peut un peu éclairer sur les lieux [attention, dans ce qui suit c'est un "illuminé", qui parle ! pas moi ! d'où l'emphase] :

"En 1950, Yukio Mishima a écrit « Le Pavillon d’Or », inspiré d’un fait divers, il raconte comment un étudiant réussit à mettre le feu à l’or fameux. Abattant la perfection païenne, il a accomplit une grande œuvre. A quelques pas, mais hors du feu, le Ryoan-Ji est une autre perfection à détruire, à souiller, à maculer jusqu’à ce qu’il en devienne risible même pour le touriste le plus stupide, le plus gras, le plus bouffi d’inculture et de préjugés. Le Ryoan-Ji c’est ainsi qu’on appellera son jardin de pierre rectangulaire –un rectangle parfait, emplit de sérénité-. En son sein, quinze rochers dispersés par groupe de 3 ou 5. Celui qui l’a dessiné, mystérieux, a quitté le monde sans laisser aucune explication ; il n’a pas besoin d’aucune explication, il est tout, pénètre doucement le cœur et l’âme de sa tranquillité absolue. Il est tout. On ne le contemple jamais d’un seul regard. On progresse le long de la véranda, doucement, le plus doucement possible, un à un les rochers apparaissent et disparaissent, se dévoilent et se retirent, se découvrent et pudiquement se cachent derrière d’autres, tout se meut comme la mer, comme la vie, divers facettes, divers paysages ; mais c’est un tout, fini et infini à la fois, on atteint là la perfection absolue et transcendantale du zen. En une véranda, l’univers, se démultipliant à l’infini de regard en regard, le Ryoan-Ji porte le visiteur en extase. Indestructible par le feu, ni par l’eau, les pierres sèches contiennent en matrice toutes les plantes et fleurs et la vie qui se fanent, les pierres marrons, beiges, aux veines bleutés, le gravier blanc, blanc d’un blanc si pur, lissé en longs traits, en rayures parallèles, blanches. La couleur des pierres et le gravier sont les seules choses atteignables. Pervertir le lieu. Faire du sec une éponge, des montagnes des écueils dans une mer glauque, des autels à sacrifier, des couteaux tranchants qui appellent le sang, faire des gravier blancs une mer de sang, un lit. Y mettre l’humain, l’organique, la substance vitale dans un lieu mort et sec. Briser l’harmonie de la vie par le mal, la vie en souffrance, par la sombre et froide réalité contingente. Le choc brutal et froid d’un corps sur le gravier où la vie se répand en flaques circulaires avant de s’éteindre.[...] "


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Bon, un lieu vraiment dur à décrire clairement :D, je serais intéressé d'avoir les avis sur le jardin de lecteurs qui auraient eu la chance d'y aller
Par Paul B. - Publié dans : Kyôto 京都, culture ancienne
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Dimanche 27 janvier 7 27 /01 /Jan 18:55
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En revassant vaguement devant mon ordi et en parcourant mes photos, j'ai eu envie de vous proposer comme une mosaïque de quelques photos au hasard et que j'aime bcp, sans agencement particulier, un peu un vrac, comme dans une sorte de songe, de rêve, où les images viennent au hasard en morcelement, et où au réveil, on a tant de mal à recoller les fils et les pièces du puzzle. En étant un peu lourd dans la métaphore, un voyage au japon c'est un peu pareil, un long songe où tout s'accumule et où au final, le choc des trains d'atterrissage de l'avion et l'activation des inverseurs de pousseurs de l'appareil vous ramène brutalement sur terre, à l'amabilité de l'accueil à Roissy Charles de Gaulle à 5h du matin -c'est ironique-. Donc, voilà, un petit parcours sans raisons particulière, mais parce que en effet, ce pays se cache un peu derrière toutes ces images. Cela pourrait être aussi le rêve du renard de la première photo, un renard qui faisait parti d'un concours de dessins d'enfants (?) à Inari (Kyôto). 

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voir aussi "apprendre près des temples"

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sur la rive du Lac Ashi, en attendant le ferry pirate (voir catégore Hakone).

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lotus, seule fleur poussant dans l'eau et s'épanouissant dans l'air, pour d'autres : par ici.
Par Paul B. - Publié dans : Kyôto 京都, culture ancienne - Communauté : Japon
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