Tokyo 東京, coups de coeurs, Den En Chofu 田園調布, Jiyugaoka 布自由が丘, rythmes de la ville

Publié le par Paul B.

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Un article est peu fourre tout... enfin sur Tokyo, ses quartiers insolites mais sans photos, son métro avec photos mais sans commentaire, et un petit texte extrait d'un livre sur le Japon qui décrit parfaitement la ville et le dit bien mieux que moi. Tokyo tokyo tokyo ... quelle ville !!! Le moment de faire un petit bilan sur Tokyo avant, peut-être, de repartir vers Kyôto.

tokyo coups de coeur

Den en chofu 田園調 : on le rapproche souvent du Neuilly parisien... bon avec les temps qui courrent je vais éviter de faire la comparaison, surtout que je ne la trouve pas vraiment justifié. Ce quartier de verdure avec ses grandes allées plantées d'arbres s'organisent autour de sa petite gare (ci-dessus :-) ) et est habité par les gens aisés, voir très aisés. Pleins de petites maisons de goût formidable ! (hinhin :D je vous laisse découvrir sur place), une ambiance feutrée et silencieuse où je détonnais. Quelques architectures ultra modernes signées par de grands architectes. Et enfin, au détour d'une rue, un policier discrétèment placé en faction devant une maison qu'une équipe de police entière était en train de perquisitionner, tout en finesse et sans aucun bruit... drôle d'impression... Maison de Yakusa ? scandales financiers ? meurtre ? :D Encore un mystère des mondes urbains.

Jiyugaoka
自由が丘 : un "petit village" qui s'organise autour de sa gare et d'une place animée et dynamique (plein de boutiques), on déambule dans des rues agréables et très japonaises, grande calme et petite enclave dans Tokyo. L'un des quartiers où les jeunes rêvent d'habiter.

Ces deux quartiers se situent au large de Shibuya. 


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Ci-dessus, les affiches typiquement japonaise du théâtre Impérial à côté du palais dans un grand immeuble froid. Ambiance de Tokyo. 

Comme prévu une petite description de la ville extraite du livre JAPON de Teresa Perez et Tibor Bognar, entrecoupée de photos du métro : 

"Tokyo, l’oublieuse, a aussi une histoire, liée au puissant Tokugawa Ieyasu qui, en 1590, choisit un pauvre village de pêcheurs pour installer ses quartiers généraux et bâtir son château sur une colline dominant la plaine marécageuse. La capitale shogunale était née ; pendant trois siècles elle réagira d’une main de fer la destinée du pays et deviendra le foyer d’une riche culture urbaine. Siège d’un pouvoir rigide qui avait clos le pays, Edo devait incarner l’esprit du « monde flottant », cet univers de plaisirs où s’engouffraient nobles et marchands, à mille lieux de la morale confucéenne de l’Etat. On voguait sur les rues dans cette ville de canaux, construite sur l’estuaire entre les rivières Sumida et Arakawa. Ainsi le montraient encore au XIXème siècle, les Cents vues d’Edo de Hiroshige, avec ses dizaines d’estampes dédiées aux ponts et aux cours d’eau –pour la plupart engloutis aujourd’hui sous le béton-. 


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sous sunshine 60 à Ikebukuro, sol recouvert des lianes de béton...

Combien de versions successives d’elle-même a-t-elle connues ! Les incendies étaient fléau courant, surtout l’hiver, quand ses maisons de bois et de papier s’enflammaient à la moindre étincelle. En 1657 le feu fait disparaître les trois quarts de la ville ; en 1703 un séisme détruit entièrement le centre ; en 1759 la peste fait des ravages ; en 1783 les colères du volcan Asama provoquent un nuage de poussière et de cendres. En septembre 1923 la terre se secoue encore, mais cette fois-ci les conséquences seront terribles : les incendies se multiplient, tout brûler et des milliers de morts s’occultent sous un tourbillon de poussière. En 1945 de mortifères raids aériens transforment à nouveau la ville en un champ de ruines : un horrifiant désert rouge. Et, chaque fois on manquait l’occasion de reconstruire la ville selon les logiques d’un plan urbain ; le pragmatisme gagna la partie et on la vit se développer, spontanée, comme un organisme vivant. Cette histoire mouvementée suffit à expliquer l’absence de monuments, ces vestiges d’une identité figée. 
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Mais il y a plus. Maintenant qu’on construit en béton et non en bois, Tokyo continue de se défaire et de se reconstruire : la moyenne d’âge des bâtiments est de trente ans, les quartiers se remodèlent en permanence et la vitalité y paraît inséparable de l’instabilité. La capitale bouddhique parfaite, par son exaltation du provisoire, illustration poignante de l’impermanence des choses : tout est éphémère, rien ne dure. On serait tenté de le croire, le soir venu, quand le quartier de Shinjuku s’illumine de ses milles étoiles fugaces et qu’une marée mouvante déferle sur les rues pour s’enivrer de bonheurs illusoires. Et quoi penser de ces gares gigantesques qui, loin d’être de simples lieux de passages constituent des villes nomades en miniature ?

Avant-poste du futur, Tokyo serait la cité post-moderne par excellence : dynamique, disparate, fluide, d’une beauté « chaosmique », un patchwork bigarré né de la juxtaposition de villages. [...]
 
Etablir un atlas de ce vaste théâtre oblige à sauter sans cesse de l’avant scène (les grandes avenues : façades rutilantes de la mégalopole), aux coulisses (les arrières-ruelles : un espace quasi rural), le long d’une représentation qui ne s’achève jamais. A Ginza, le quartier de la Monnaie, hier fief de bijoutiers et de nos jours vitrine du commerce de luxe, dès que vous quittez les larges rues « à l’européenne », s’ouvre tout un autre univers de restaurants minuscules et de bars pour initiés. […] Pas si loin de la scène éblouissante qui se joue au Kabukiza devant des dames distinguées, à Tsukiji, le marché aux poissons, le « ventre de Tokyo », on étale une mer de pieuvres et de thons à la chair sombre…
 
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Et au cœur de la ville, rien. Depuis que Roland Barthes l’exprima dans son Empire des signes, tous l’ont répété : le centre de Tokyo est un centre-vide. Une énorme extension boisée au sein de laquelle on trouve le Palais Impérial, invisible caché derrière des pins. Que la résidence de l’Empereur s’élève sur le site de l’ancien château du shogun constitue une évidente continuité dans cette cité follement mobile. Que le cœur d’une des villes les plus densément urbanisées de la planète soit occupé par la Nature n’est pas le moindre de ces paradoxes nippons qui désarment notre logique occidentale. S’ils vendaient les 190 hectares du palais, les Japonais pourraient s’offrir le Canada. Absurde. Inconcevable, surtout, car cet espace vide est le symbole de la nation, une forêt sacrée comme l’aire qui entourait les sanctuaires shinto."
 
teresa perez, tibor bognar, JAPON


site du quartier de jiyugaoka :
http://www.jiyugaoka.or.jp/
article qui est à relié à Tokyo coup de coeurs et qui s'inscrit dans le parcours thématique des mondes urbains.

je pars en vacances pour quelques jours et laisse tranquille pour un moment ce petit blog.

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