Kinkakuji 金閣寺, frisson d'or et ombre d'un pin :-)

Publié le par Paul B.


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Brûlé dans les années 50 par un moine fou, inspirant à Yukio Mishima sa nouvelle Le Pavillon d'Or, reconstruit en 55.

         Pavillon d'or
Deux reflets l'un en face de l'autre
Frisson d'or et ombre d'un pin.


                            [comme de faux haïkus]

 

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[carte postale]
  
 
Si l’on devait faire une carte postale du Kinkakuji, il y aurait certainement un endroit privilégié pour prendre la vue. A travers l’objectif on verrait les deux mondes : celui du Pavillon d’Or à l’endroit, qui s’élève à travers une fine brume percée par des bouffées de rayons solaires , avec son phœnix dans les cieux et le pin sur un îlot devant qui étage son réseau de branches et d’épines sur l’air ; et l’autre, le reflet, le Kinkakuji plus trouble, plus mouvant, plus évanescent, le monde à l’envers. La surface à mi-hauteur, la photo serait parfaite. La photo est prise. Comme dans toute histoire, les marges sont intéressantes, les bords de la photo, l’envers de l’image, celui qui appuie sur le déclic. Des yeux verts où se reflètent les deux pavillons, de longues cernes qui descendent en arc noir et un appareil photo qui retrouve son étui. Face au monument doré, c’est juste un moment qui s’arrête, un touriste parmi des milliards, un touriste que les ombres vivantes qui observent éternellement depuis les persiennes du Kinkakuji oublieront. On voit quelque chose d’humide qui longe sa joue, il tousse deux fois. Dans le ciel, un corbeau tourne et se pose sur les feuilles d’or, une foule de touristes grouille autour du bâtiment que le feu a ravagé, une feuille d’érable tournoie jusqu’à se poser sur l’eau et couler comme une goutte de sang. A sa place, d’autres touristes. 


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