Le peuple de l'ombre

Publié le par Paul B.


A peine quelques heures après avoir débarqué dans la brume à Narita et subit les premiers stresses aléatoires liés à un voyage ("mon portefeuille, mon portefeuille, mon portefeuille !!!" ^^ je me comprends^^ :D), nous voici dans la big gare de Kyôto, vaste sous-sol informe, et là sur les quais, 50° à l'ombre et pic de pollution exponentielle, air lourd étrange asphyxiant, mais euphorique :) et premiers chocs culturels si l'on peut dire : les rouages humains de la société ; ce petit peuple de l'ombre qui nettoie les shikansens avec une efficacité huilé et mécanique [le train arrive, 15 min après, il repart entièrement remis comme neuf], entretient les gares immenses et lieux publiques, effectuant parfois des gestes qui nous semble incongrus (est-il bien utile d'essuyer les rampes mécaniques des escalators quand il pleut ?), grand fonctionnement orchestré par des directives inconnues (regarder l'alignement et l'automatisme des photos ci-dessus !) avec discrétion, permettant in fine à la société moderne de s'entretenir perpétuellement en mouvement sans que la plupart de la foule n'y prenne garde par habitude. Je pense qu'on pourrait faire un reportage entier sur ce peuple de l'ombre, pour aussi comparer avec la situation, bien différente,  de notre pays. Dire que dans les chimères du gouvernement japonais, on parle de les remplacer in fine par des robots (comme pour la plupart des emplois de service, aide médicale à domicile etc.) pour faire face à la pénurie du marché qui menace, pour moi chimère technologique, et puis c'est aussi pour éviter aussi les sujets qui fâchent. En tout cas, durant les premiers jours là-bas vous les remarquerez, jusqu'à ce qu'ils s'effacent dans le décor urbain.










ci-dessus, sous les quais, petit apercu de l'immensité des sous-sols des lieux publiques, un reportage sur les sous-sols de la ville de Tokyo, dans les coulisses de ces monstres urbains que sont les gares et les immeubles, ca doit être génial !! :D Ci-dessous, à Kyôto, employé de service anonyme qui s'évanouit dans le gris.





Petit post dans la veine (c'est le cas de le dire) des mondes urbains, petite plongée dans les artères de cet univers [voir le parcours thématique], le blog de frédéric gautron offre aussi un aperçu saisissant de ces mondes urbains (immeubles, sous-sols etc.).  

Sur ce blog à venir bientôt (ce soir ?), sûrement des micro-ballades "touristiques" dans les villes du japon que j'ai visité, à titre purement indicatif, sans prétendre vous offrir des originalités extrêmes, juste un itinéraire à taille humaine, on verra bien ça.

Commenter cet article

paul 18/04/2008 22:35

le temps de nettoyage contrôlé j'aurais pas imaginé...

Pour le client, il n'y a pas à dire le service est vraiment nickel et impeccable, paradisiaque, par rapport à la France où si on prend la SNCF ils ont vagument choisi de supprimer le "service client"... : au japon quand la machine ne fonctionne pas, les contrôleurs accourent, en France on se sent assez seul face à la mécanique récalcitrante.

Sur le plan humain par contre, je pense que plusieurs questions se posent... Je me demande par exemple comment l'entreprise fait pour supporter un tel coût de personnel (subventions d'états, sous-paiement ?) et quel est la durée d'un poste ou s'ils ventilent bcp ces "petits boulots". Ca ouvre pas mal de réflexions sur le service publique et plus généralement les relations clients-utilisateurs.

akaieric 17/04/2008 13:34

C'est vrai que c'est surprenant le nombre de 'petits boulots' qui pullulent dans le train et le métro. Déjà dans le métro il y a 1 conducteur + 1 personne qui fait les annonces et ferme les portes dans chaque rame. Et à l'entrée du métro il y a toujours un contrôleur. Sans parler du personnel d'entretien. Pour les femmes de ménage du Shinkansen, j'ai même vu un type qui contrôlait leur temps de nettoyage avec un chronomètre!