Kinkakuji de l'endroit ; Kinkakuji de l'envers

Publié le par Paul B.









Laissez tomber, on s'amuse comme on peut dans les périodes de révisions à mettre les images à l'envers. Et puis le Kinkakuji, c'est un peu comme la Joconde, bientôt on lui fera aussi des moustaches et un petit bouc. Les afiocionados ultimes attendront l'hiver pour voir un duvet froid sur les toits en or et s'extasieront, avec ou sans raison car, très personnellement, je ne suis pas convaincu par le mélange blanc-or dans le cas du bâtiment, mais je n'ai pas eu aussi la chance de voir ça en vrai. Au moins avec la Joconde, c'est que c'est vraiment du "vieux", enfin c'est plus une valeur qui a court aujourd'hui (l'âge des objets d'arts), à tort ou à raison aussi ; tandis que le kinka, c'est du neuf, enfin post-année 50 quoi, c'est vrai que ça fait déjà un bail et qu'on collectionne déjà le mobilier et design de ces années-là (moi aussi d'ailleurs, j'ai acheté à petit prix une vieille lampe noir et rectiligne de bureau de ces années-là, dans un achat compulsif compensatoire), et puis le bois, c'est bien, ça vieillit vite. Originellement, avant qu'un crétinou brûle le tout pour raisons obscures (pas par jalousie de la beauté du bâtiment selon mes dernières sources), il n'y avait que le premier (ou deuxième ?) niveau doré, mais bon, on a du décider que c'était mieux version bling-bling (désolé, shame on me^^). J'y repense à ce lieu, car je commence le Pavillon d'or de Mishima (le bouquin que tout les auteurs de blogs sur le japon lisent^^), et voila.












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Marc 23/12/2016 11:49

Wonderful temple. The omamori of Kinkaku-ji temple can be found on www.omamori.com

paul 01/07/2008 12:52

L'usage de l'or au Japon a pourtant été répandu : dans les panneaux à la feuille d'or des peintures, dans la sculpture animalière en bois (Toshogu à Nikko), dans les arts décoratifs (surimpression sur les laques noires), et même dans les estampes les plus précieuses (si mes souvenirs sont bons). Outre que le métal est toujours symbole de pouvoir et de lumière (l'intérieur des anciens bâtiments japonais, une fois les cloisons en papier refermées, est relativement sombre), il doit y avoir vraisemblablement une influence chinoise, comme pour toute la culture japonaise. Ainsi le "baroque" à Nikko du Toshogu s'inspire de l'art chinois d'alors.

L'art ancien japonais a aussi volontiers été "tapageur" et luxueux dès que l'économie florissait (Kanazawa par exemple, une des villes les plus riches au moyen-âge ; ou la profusion au Nijojo à Kyôto). Mais la plupart des luxueuses demeures des seigneurs et commerçants ont été détruits. Et l'art "épuré" de Kyôto (villa Katsura par exemple) correspond aussi, je crois, à une période où la ville était désargentée par rapport au reste du pays et où le dénuement a alors été mis en valeur. Il est vrai que l'adéquation "pavillon d'or" et Japon peut ne pas sembler optimale, personnellement, j'aime bcp aussi le Ginkakuji (pavillon d'argent^^) à Kyôto, ses jardins préservés et sa plage de gravier blanc faite pour être observée la nuit, il condense bcp d'élements symboliques du pays.

Caro 30/06/2008 21:05

je trouve étrange ce goût du doré qui correspondrait mieux, a priori, à la culture occidentale.. les Asiatiques semblent plutôt attirés par l'ombre et la lumière.