peintures japonaises, exemple de celles du Daikakuji 大覚寺

Publié le par Paul B.

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Sans encore entamer une série sur l'art japonais ancien, on poursuit dans le sillage du post précédent consacré à la statuaire bouddhique et plus particulièrement les gardiens des temples avec cette fois-ci la peinture japonaise décorative dorée consacrée à la nature. C'est au Daikakuji 大覚寺 que j'ai pu prendre les photos que vous allez voir, mais l'on peut se régaler de telles oeuvres au Nanzen-ji et sa centaine de panneaux représentant aussi des personnages si mes souvenirs sont bons, au château de Nijo également où les décors sont impressionants. Si qqn connaît d'autres lieux où l'on rencontre aussi de magnifiques peintures (qu'elles soient aussi sur rouleaux et kakémonos) qu'il n'hésite pas à les signaler ! 

Là encore je tiens à m'excuser de la faiblesse de mes connaissances sur le sujet : quelle est l'histoire de la peinture sur panneau, pourquoi a t'on tenu à représenter de tels paysages de nature, quels sont les symboliques des plantes représentées, quelles étaient les techniques employées, sont des questions que je laisse en suspens et que vous compléterez si vous le souhaitez car comme souvent je me suis laissé impressionner esthétiquement par les oeuvres sans chercher à comprendre leurs ressorts et surtout sans arriver à trouver là-bas les renseignements qui me manquaient. Je peux juste vous dire qu'à l'apogée du genre les maîtres étaient souvent d'obédience "école Kano" et qu'alors on rencontra souvent la peinture dorée telle que je vais vous la présenter et la peinture en noir et blanc qui pourra faire l'objet d'un autre post. 

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Alors imaginons-nous un instant posé sur le bord d'un tatami jaune, tout près d'une véranda en bois gris, le regard tourné d'abord vers le jardin qui se déploie comme une peinture sur panneaux entre de rigides piliers de bois, puis vers le reste de la pièce : peu de mobiliers, juste quelques meubles à fonction particulières, plafond en bois simple, et comme sans doute nous ne sommes pas dans un palais où les frises supérieures aux panneaux coulissants seraient de fantastiques forêts de personnages en bois sculptés, l'on ne trouve qu'un mur blanchi. Peu de bruits, les parfums moussus du jardin rentrent en défilé calme dans la pièce. On peut ajouter un soleil du matin qui rentre en légèreté oblique et qui vient faire flamboyer la grande frise de panneaux dorés qui nous entoure. Déluge de couleurs et paillettes d'ors, les arbres d'encre oscille sur les carrés d'or, la mousse recouvre les rochers humides et les fleurs de cerisiers roses perdent leur pétale qui tombent en boucle sur les tatamis jaunes ; l'ombre d'or des pins s'allongent sur les bois et les grosses fleurs blanches accrochées aux buissons explosent leurs parfums. Et dans ce jardin lointain, d'étranges animaux passent, lièvres affolés, fous, inquiétants aux yeux rouges pulsés, corbeau-aigle croassant, arabesques destructurés des ailes des hérons. Et d'un coup cette vision élargie coulisse en lente translation et rentre brusquement dans l'ordre de la surface plate : un panneau vient de s'ouvrir. 

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tout un bas de panneaux étaient occupés par ces étranges lapins malades mentaux, tachetés, blanc aux yeux albinos, prêt à sauvagemment attaquer le passant

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Après ce defilé d'or qui donne un peu envie d'avoir ça chez soi, ci-dessous, la pièce dans laquelle vous étiez il y a quelques paragraphes ;-)

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Publié dans art japonais ancien

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