Gardiens Nio et autres exemples de la statuaire bouddhique

Publié le par Paul B.

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dieu des enfers (??) à Asakusa, son ombre démesurée et inquiétante se projetant sur le roug sang derrière, heureusement que le grillage nous protège :D

Autant dire qu'en partant au Japon mes connaissances en matière de bouddhisme et d'art bouddhique étaient tout bonnement au niveau 0 avec un léger a priori genre "vieil art peu intéressant et pas réussi" :-). Evidemment les choses ont changé là-bas et une des parties de l'art ancien japonais qui m'a le plus plu c'est la statuaire religieuse. Dans cette catégorie, on ne manquera pas d'aller admirer le bouddha du futur du Koryuji, le Sanjusangendo de Kyôto et ses milles kannons, les moines et bouddha de la maison des trésors du Kofukuji à Nara. Je vous emmène dans ce post parmi les statues encore à l'air libre et notamment les fameux gardiens Nio qui marquent les entrées des temples bouddhique et les protègent des démons : l'un bouche ouvert et l'autre fermée, exprimant le caractère final et terminal d'un alphabet, en gros tout l'univers entre les deux ;-) ; raccourci très abusif mais je manque des connaissances adéquates ! -si qqn veut compléter :D-, voir par ici une page complète. Ce qui m'amuse dans cette statuaire c'est l'impression étrange d'un violent mouvement combiné à une immobilité rigide -torsion, lambeau de feu qui serpente en zigzaguant, nuages ondoyants- et la déformation quasi abstraite des visages et de la musculature. Je pensais d'ailleurs que cela n'était que de l'exagération (explosion des veines en filaments volumineux), mais en fait quand l'on voit des photos anciennes de japonais réalisés sous l'ère meiji, on voit que les guerriers ont réellement les artères qui ressortent ainsi. Comme quoi dans l'art il faut toujours se méfier, les artistes n'inventent rien ! Après évidemment entre ces dieux et les mécaniques pour enfants des années 70-80 il n'y a plus eut qu'à faire un petit saut. 

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étrange "décapité" de Nara au Todaiji, dans ce temple on peut admirer outre le délirant bouddha métallique central (bonjour la dépense en métaux pour le fondre^^), de nombreuses statues bouddhique de gardiens et protecteurs du Bouddha comme celle ci-dessous très impressionante, on ne se rend pas tellement compte de la taille sur cette photo.

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A
Nikko, la polychromie n'a ici pas disparue, et les gardiens ultracolorés, dorés, bleutés, rougeoyants, prennent peut être un côté un peu plus kitsch :D, moins sérieux, moins dangereux, enfin je trouve ; presque un peu grassouillet aussi

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A l'horyuji de Nara -ne pas manquer d'y faire le déplacement-, un très ancien  et bel exemple de gardiens, avec le temps blanchissant, décoloré de son rouge sang initial 

Publié dans art japonais ancien

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akaieric 25/02/2008 13:15

Moi aussi j'aime bien les statues de Nio... dommage que la plupart du temps elles soient cachées par un grillage ou dans un endroit sombre...