"Proposition d'une synthèse des arts, Paris 1955"

Publié le par Paul B.


L'exposition "proposition d'une synthèse des arts, Paris 1955", rassemblant Le Corbusier, Fernand Léger et Charlotte Perriand, est la seconde exposition de Perriand au Japon (la première en 1941), toujours dans les magasins takashiyama de Tokyo. C'est la designer qui en a lancé l'idée dès 1953 lors d'un voyage au Japon, elle trouve le soutien de son ami l'architecte Junzô Sakakura, ainsi que de l'ambassadeur de France. L'exposition se réalisera dans le cadre des échanges franco-japonais aux magasins Takashiyama, autour des thèmes : "exprimer la collaboration entre les artistes et les producteurs industriels" et "réaffirmer le rapport d'unité entre l'architecture, la peinture,  la sculpture. Son organisation connu de nombreuses difficultés et l'exposition, une fois ouverte, reçu des critiques, qui faisaient remarquer que les meubles étaient plutôt conçus pour la France, et que leur industrialisation n'avaient rien de comparable avec les recherches en design des états-unis, où chaque pièce n'était pas issu d'un travail unique, mais d'une collaboration de professions. Pour Perriand, l'exposition marque le bilan de recherches entamées pendant l'après-guerre et propose un travail en résonance avec le Japon, pays qui la fascine depuis son premier séjour pendant la seconde guerre mondiale, d'autant plus qu'avec les années 50, le japon connaît les remous de la fin de l'occupation américaine et achève son redressement économique. L'exposition s'inscrit dans une toute autre perspective de la première, où Perriand se réappropriait, pour le compte du gouvernement japonais, l'art traditionnel, ici elle vient exposer son travail qui a intégré, dans une cohérence artistique plus  générale, ces influences japonaises. Peu avant cette exposition elle a aménagé l'agence Air France de Tokyo, à la suite de ce travail, ses meubles vinrent en partie équiper des bureaux ou des bâtiments de prestige, comme la mairie de Tokyo en 1957, la préfecture de kagawa en 58 ou le siège du Sôgetsu Art Center en 55. La firme Tendo mokkô éditera la magnifique chaise Ombre jusqu'au début des années 2000.

Tous ces renseignements proviennent de l'excellent livre que je vous conseille : Charlotte Perriand et le Japon de Jacques Barsac (Norma Editions).


table basse, plateau en bois massif de cyprès hinoki, fabrication atelier Miyoshi, Tokyo (1954)


banquette Tokyo, 1954


chaise empilable Ombre, contreplaqué cintré, 1954


meuble-écran : joues en tôle d'aluminium alumilité, ateliers jean prouvé ; planches en bois de thuya hiba; fabrication atelier Miyoshi, Tokyo, 1954


banquettes tokyo, coussins amovibles, tissus de l'institut Tatsumura, Kyôto ; tabouret bas Berger, fabrication au Japon


vue de l'exposition : salle de réception au premier plan, salle à manger au second plan. Au fond, tapisserie de Le Corbusier (les 8).


bureau de la mairie de Tokyo, meuble-écran et bureau, commande spéciale, 1957
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