Sur les marches qui ondulent, l'herbe s'étale et les arbres veillent

Publié le par Paul B.

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Au détour de quelques rues ombragées par de grands arbres et longées de murs blanchis, on peut toujours jeter un coup d'oeil à travers de petites portes de temples ouvertes sur des cours mystérieuses. Pas besoin de merveilles d'architecture pour capter quelques petits instants de ces temples faussement silencieux qui me plaisent. Immobilité apparente de ces décors naturels en vert, blanc, noir ; étranges tapis d'herbes qui envahissent les marches, jeu des arbres dans les encadrements, silence complice mais rieur des lieux. On ne sait jamais vraiment ce que cachent ces cours, chemins bordées d'érables miniatures conduisant à des jardins secrets aux miroitement d'eaux moirées, bouddha silencieux luisants et dorés comme les libellules entourés d'encens fumant dans des pièces jaunies et sombres, fantôme discret et diaphane qui se déplace le long des parquets en bois foncé exhalant leur odeur étrange en traçant dans l'air des idéogrammes qui s'évanouissent subtilement. 

J'ai toujours envie d'essayer d'entrer dans ces mondes irréels juse à ma portée. Sur la pointe des pieds essayer de s'y faire accepter, poser la main le long de la porte en bois dur, regarder si personne ne peut vous surprendre, écouter le lieu et ses esprits silencieux, et passer le seuil.  Et là, s'avancer prudemment sur le sentier de pierres, écarter doucement les branches et sentir le contact soyeux des feuilles qui se balancent en voltigeant. Déambuler à l'envie entre les cours silencieuses, rentrer dans la brume de l'encens qui forment des filaments neigeux et gris, toiles d'araignées en suspension qui s'enroulent autour de ma peau et se colle sur mon visage, respirer à l'envie ce parfum destabilisant. Se mettre la tête à l'envers, mains contre les parquets en bois et essayer d'avancer, jouant avec son ombre projetée sur les panneaux coulissants en papier translucide et opalescent, jusqu'à ce que le sang descendu dans les yeux fassent tourner ces claustras ondulants. Et là, poser ses mains sur le papier, le frôler jusqu'à ce que sa surface redevienne nette et claire, ouvrir en grands les panneaux et descendre dans le jardin, sur la contact de la mousse et sous une pluie très fine qui coule sur la peau en petites billes qui s'allongent et sautillent jusqu'au sol, s'allonger n'importe où et laisser ses idées parcourir le kaléidoscope de ses rêves.


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strates géologiques d'un temple

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trois premières photos : un temple autour du Tofukuji à Kyôto, puis un autre temple de Kyôto, pas très loin du Kiyomizu dera.

Je pars jusque lundi prochain pour quelques jours de vacances, pas de posts en conséquence, merci de me retrouver d'ici une semaine !
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yoelen 14/02/2008 18:31

Très joli blog, il mériterait d'être en tête.